|
|
|
|
 |
 |
Actualités
|
|
|
|
Portrait de l’artiste en motocycliste, Du 21 mars au 12 septembre 2010, vernissage le 20 mars à 17h00
|
 |
En 2007, grâce à la générosité de l’artiste, le Musée des beaux-arts de La Chaux-de-Fonds a reçu en donation une part importante et cohérente de la collection personnelle du peintre suisse Olivier Mosset. Réunie sur près de 40 ans, selon une démarche de plus en plus consciente, cette collection privée d’artiste constitue un ensemble exceptionnel, comprenant plus de 140 peintures, dessins, sculptures, objets, installations, photographies, vidéo, posters ou estampes d’artistes majeurs de la seconde moitié du XXème siècle, tant américains qu’européens. Figure majeure de la scène artistique internationale, Olivier Mosset entretient avec ces artistes des liens artistiques ou personnels parfois inattendus, qui éclairent d’un jour nouveau tant son œuvre personnelle qu’une part souvent peu lisible du fonctionnement et des modes de relation à l’œuvre dans le monde de l’art contemporain.
L’équipe du Musée a consacré près de deux ans à étudier, restaurer et cataloguer les œuvres de la donation. Le Musée présentera au public le résultat de ce travail en publiant un catalogue complet et richement illustré de la collection en été 2010.
L’exposition du Musée fait découvrir un aspect plus intime de la personnalité d’Olivier Mosset, à travers sa démarche de collectionneur et les interrogations qu’elle a suscitées en lui. Elle propose un portrait en creux et décalé d’Olivier Mosset, en présentant les œuvres des nombreux artistes qu’il a collectionnées, mais sans montrer ses propres œuvres. À travers un accrochage conçu en étroite collaboration avec l’artiste, l’exposition offre une nouvelle perspective sur un ensemble d’œuvres déjà présenté en partie entre octobre 2010 et janvier 2011 au centre national d’art contemporain de Grenoble « Le Magasin ». En contraste avec l’approche plus thématique développée à Grenoble, qui confrontait notamment les œuvres de la collection à celles de collections françaises, le Musée des beaux-arts de La Chaux-de-Fonds met l’accent sur l’évolution de l’activité de collectionneur d’Olivier Mosset en présentant, à côté des œuvres offertes au Musée, les œuvres conservées par l’artiste et celles qu’il a données à d’autres musées en Suisse, en France et aux Etats-Unis.
Artistes de la collection Olivier Mosset au Musée des beaux-arts de La Chaux-de-Fonds :
Donald Alberti, Carl Andre, Janine Antoni, Api /Castello di Rivara , John Armleder, Richard Artschwager, Francis Baudevin, Lisa Beck, Ford Beckman, Joseph Beuys, Alexandre Bianchini, Max Bill, Dike Blair, Philippe Bodenmann, Gavin Brown, Daniel Buren, Neil Campbell, Christo, Collectif 1m3, Michael Corris, Mark Dagley, Jamie Dalglish, Ricardo De Olivera, Steve Di Benedetto, John Dogg, George Dupin, Jean Dupuis, Gretchen Faust, Helmut Federle, Sylvie Fleury, Roland Flexner, Christian Floquet, Vincent Fournier, Jonathan Genkins, Fritz Glarner, Janine Gordon, Christophe Gossweiler, Camille Graeser, Dan Graham, Amy Granat, Hervé Graumann, Timothy Greenfield-Sanders, Bill Gruner, Marcia Hafif, Peter Halley, Stephane Huitmere, Nicole Hassler, IFP, Information, Kyle Jenkins, Michael Jenkins, Kim Jones, Donald Judd, Allan Kaprow, Ben Kinmont, Yves Klein, Serge Kliaving, Joseph Kosuth, Stéphane Kropf, Alix Lambert, Lang/Baumann, Louise Lawler, Ange Leccia, Sherrie Levine, Sol LeWitt, Christian Marclay, Matthew McCaslin, Allan McCollum, Tom Merrick, Robert Nickas, John Nixon, Cady Noland, Eric Oppenheim, Steven Parrino, Laurie Parsons, Jean-Pierre Pincimen, Nicolas Pasche, Gilles Porret, Patrick Raynaud, Philip J. Reilly, Row Robbins, Christian Robert-Tissot, Walter Robinson, Gerwald Rockenschaub, Claude Rutault, David Row, Adrian Schiess, Peter Schuyff, Michael Scott, Blair Seagram, Donald Sheridan, Keith Sonnier, Walter Steding, Rudolf Stingel, Blair Thurman, John Tremblay, Li Trincere, Alan Uglow, Lily van der Stokker, Ben Vautier, Not Vital, Wallace & Donohue, Dan Walsh, Joan Waltemath, Stefan à Wengen, Stephen Westfall, The X-Art Foundation.
Programme complet des manifestations (ateliers pour les enfants, visites commentées, conférences) bientôt sur le site!
|
| |
|
Aspects de la collection : tapisseries en perspectives, Du 29 septembre au 18 avril
|
 |
Avec cet événement singulier le Musée inaugure un nouveau cycle d’expositions de la collection permanente « Aspects de la collection » qui présentera une ou deux fois par année dans une salle du 1er étage les œuvres provenant du Musée et des collections privées en accrochage thématique. Ce cycle permettra de découvrir ou redécouvrir les trésors cachés de la collection du Musée des beaux-arts.
La tapisserie est un art millénaire : les premiers témoignages de son existence en Occident remontent au monde hellénique. À nos yeux contemporains, son premier âge d’or en Europe date cependant du Moyen Âge, où elle fleurit notamment aux Pays-Bas et en France, en particulier à Aubusson, qui sera aussi l’un des foyers de sa renaissance vers le milieu du XXème siècle. Entretemps, de plus en plus réduit depuis le XVIIème siècle à la stérile imitation des nuances de modèles peints à l’huile, l’art des lissiers semblait s’être éloigné de son génie propre.
À partir des années 1930, le peintre Jean Lurçat se fait à la fois l’artisan d’un retour aux sources et du renouvellement des techniques et des genres de cet art si particulier : abandon des dégradés, usage d’une palette restreinte de couleurs sélectionnées en étroite collaboration avec les lissiers, choix de formats monumentaux. Promoteur efficace, il engage de jeunes artistes à entrer dans les ateliers et prendre la mesure des spécificités de cet art. Deux artistes ici présentés ont aussi participé à cette époque héroïque : Le Corbusier et Jacques Lagrange. En 1946, Lurçat organise une grande exposition, La tapisserie fran-çaise du Moyen Âge à nos jours, présentée au musée national d’Art moderne à Paris puis à Amsterdam et Bruxelles, qui révèle la richesse et le renouveau de cet art à un très large public.
Deux ans plus tard, le Musée des Beaux arts de La Chaux-de-Fonds expose les tapisseries de Lurçat, inaugurant ainsi une série de près de dix expositions sur 25 ans, consacrées à des artistes locaux et inter-nationaux dévouant une part importante de leur travail à l’art de la tapisserie. Sous la direction de son conservateur Paul Seylaz, le musée a ainsi suivi de près le renouveau et l’évolution de cet art, accompagnant la carrière d’artistes abstraits neuchâtelois comme Jean Cornu, Georges Froidevaux et Claude Loewer. Il s’est aussi montré sensible à l’émergence d’une nouvelle génération d’artistes complets réalisant eux-mêmes leurs tapisseries, comme la polonaise Magdalena Abakanowicz ou la neuchâteloise Jeanne-Odette, représentée ici par une tapisserie de sa collection personnelle. Depuis les années 60, l’art de la tapisserie n’a cessé de se diversifier, colonisant l’espace tridi-mensionnel, croisant les pratiques, expérimentant matières et formats : les tapisseries en perles de la chaux-de-fonnière Priska Gutjahr en fournissent un exemple tout récent.
|
| |
|
Affaire du tableau de Constable, vendu sans droit en 1943
|
 |
John Constable "Dedham from Landham (La vallée de la Stour)", non daté, huile sur toile, Musée des beaux-arts de La Chaux-de-Fonds
Communiqué de presse
Réponse négative à la demande de restitution
« La Vallée de la Stour », huile du peintre anglais John Constable, restera accrochée au Musée des beaux-arts de La Chaux-de-Fonds. Ainsi en a décidé le Conseil communal, qui a répondu négativement à la demande de restitution présentée par un citoyen français. Celui-ci a déposé sa demande en tant que représentant des héritiers d’une famille juive qui avait été spoliée de ce tableau en 1942. Le Conseil communal fonde sa décision sur des avis juridiques clairs qui ne lui laissent pas d’autre choix et sur des appréciations éthiques et morales longuement mûries.
En 1942 à Paris, après le décès d’une dame nommée Anna Jaffé, le Commissariat aux affaires juives se saisit de la totalité des biens de cette famille, y compris d’une collection de tableaux, et les vend aux enchères à Nice en 1943. Parmi ces tableaux figure « La Vallée de la Stour », une huile du peintre anglais John Constable (1776-1837). Ce tableau, qui a passé entre les mains de plusieurs propriétaires, a été acquis finalement en 1946 par René et Madeleine Junod. Celle-ci, devenue veuve, a légué peu avant sa mort en 1986 une série de tableaux, dont celui de Constable, à la Ville de La Chaux-de-Fonds. Depuis cette époque, ces tableaux, conformément au testament accepté par le Conseil général, sont exposés dans une salle particulière du Musée des beaux-arts de la Ville.
En 2006, Alain Monteagle, disant représenter les héritiers de la famille d’Anna Jaffé, a demandé que le tableau de Constable lui soit restitué. Ont suivi avec ce demandeur différentes péripéties, courriers, e-mails et autres contacts auxquels la Ville a toujours soigneusement répondu, tout en examinant par ailleurs l’affaire sur le plan juridique ainsi que sur certains de ses aspects éthiques et moraux.
Etudes juridiques et examens divers
Deux expertises ont été demandées aux juristes Pierre Lalive, avocat, professeur honoraire de l’Université de Genève et membre de différentes instituts de droit, et Jean Guinand, avocat, professeur honoraire de l’Université de Neuchâtel et ancien Conseiller d’Etat neuchâtelois. Ont été également consultés l’Office fédéral de la culture et la Commission française d’indemnisation des victimes de spoliations (CIVS). Enfin, une attention particulière a été portée aux principes de la Conférence internationale de Washington, du 3 décembre 1998, sur la question des biens confisqués à l’époque de l’Holocauste, principes auxquels la Suisse a adhéré.
Les conclusions des juristes sont claires : en droit suisse, applicable ici, la Ville est indiscutablement propriétaire du tableau et n’est nullement tenue de le restituer ou d’indemniser les héritiers de la propriétaire spoliée. La Ville ne peut d’ailleurs pas restituer le tableau, l’ayant reçu par un legs grevé de différentes clauses qui l’empêchent de s’en séparer. Voudrait-elle s’en dessaisir qu’elle devrait réunir au préalable différentes conditions complexes et que sa décision pourrait être judiciairement contestée par n’importe quel citoyen de la ville en tant que « bénéficiaire du legs ».
Aspects éthiques et moraux
Le Conseil communal a dès lors répondu négativement à la demande de restitution du tableau. Cette décision, fondée en droit et conforme aux principes de la Conférence de Washington, s’appuie également sur différents aspects éthiques et moraux.
Par rapport aux héritiers de Mme Jaffé, le Conseil communal note que le demandeur a introduit une demande d’indemnisation auprès du Gouvernement français qui porte sur l’entier des biens saisis par le Commissariat aux affaires juives en 1942, donc y compris sur le tableau de Constable.
A l’égard des autres héritiers des époux Junod, le Conseil communal estime qu’il ne peut moralement pas leur faire porter une partie de la responsabilité d’une éventuelle restitution ou du refus de celle-ci, comme l’exigerait la loi.
Par rapport au public, aucun élément ne permet de mettre en doute la bonne foi des époux Junod lors de l’achat du tableau, et en acceptant ce legs, les autorités de la Ville se sont engagées à conserver les tableaux à disposition des visiteurs du Musée, ce qui ne pourrait pas être forcément le cas si la Ville s’en dessaisissait.
Enfin, sur le plan de sa responsabilité politique, le Conseil communal doit se conformer au droit en vigueur, qui n’est rien d’autre que l’ensemble des règles dont se dote une démocratie, autrement dit les codes qu’elle définit, en fonction de ce qu’elle considère comme éthique et moral.
Le Conseil communal fera apposer une plaque près du tableau de John Constable, mentionnant que l’œuvre a appartenu à la collection Anna Jaffé, vendue aux enchères sans droit à Nice en 1943.
Documents à télécharger:
|
| |
|
Principes de la Conférence de Washington applicables aux oeuvres d’art confisqueés par les nazis
|
|
|
Document [21.24Ko] |
|
|
| |
|
|
 |
 |
| |
|